question


question

question [ kɛstjɔ̃ ] n. f.
• mil. XIIe; lat. quæstio
1Demande qu'on adresse à qqn en vue d'apprendre qqch. de lui. interrogation. Poser une question à qqn. interroger, questionner . Énoncer, formuler une question. Répondre à une question. « ta manière de répondre toujours à une question par une question » (Colette) . Question pour obtenir un renseignement. demande. C'est une bonne question. Une question qui reste sans réponse. La question reste ouverte. Une question mal posée. Une question piège. Cette question ! Quelle question ! Belle question ! question absurde, stupide. — Faire les questions et les réponses.
Par ext. (Question plus ou moins explicite que l'on se pose à soi-même). Se poser une question, des questions. se demander, s'interroger.
Spécialt Ce qu'un examinateur demande au candidat qu'il interroge. Manuel par questions et réponses. Liste de questions. questionnaire. Question fermée, assortie des réponses entre lesquelles le sujet doit choisir (cf. Questionnaire à choix multiple); à laquelle on ne peut répondre que par oui ou par non. Question ouverte, qui ne prévoit pas de réponses toutes faites. — Question à X... francs (dans un jeu radiophonique). Loc. fig. Une question à cent francs, dont la réponse est difficile à trouver; devinette.
Dr. constit. Questions écrites, orales (avec ou sans débat) :demandes d'explications adressées par un parlementaire à un ministre (par écrit ou en séance). Le gouvernement a posé la question de confiance, demandé que le vote terminant le débat implique approbation de sa politique. — Question préalable, par laquelle une assemblée est appelée à décider si une discussion doit ou ne doit pas avoir lieu. Question préjudicielle.
2Connaissance incomplète ou incertaine qui peut donner lieu à discussion; sujet qui implique des difficultés à résoudre, d'ordre théorique ou pratique. affaire, matière, 1. point, problème, 3. sujet. Une question insoluble, épineuse. Une question brûlante, une grave question. Question d'actualité. « La question si difficile et si controversée des rapports entre l'individu et l'État » (Valéry). Les divers points, les divers aspects d'une question. Le cœur, le nœud de la question. Soulever, aborder, traiter, examiner, discuter une question. Approfondir la question. « La question du célibat et du mariage » (Chamfort). Fam. « moins occupée de la question église » (Hugo). « La question religieuse importe peu à Balzac » (A. Gide). Les questions sociales, économiques. La question financière s'est posée entre eux. Pour des questions d'argent. raison. « Ces questions d'intérêt et de partage qui tiennent une si grande place » (Loti).
Hist. La question juive. La question d'Orient : l'ensemble des problèmes soulevés par l'affaiblissement de l'Empire turc au XIX e s.
Loc. Là est la question, c'est toute la question : c'est là le point litigieux, la difficulté essentielle. Ce n'est pas la question : il ne s'agit pas de cela. C'est une autre question. C'est une question de..., une affaire, un problème qui concerne tel ou tel point (C'est une simple question de forme); une question qui peut être résolue par (C'est une question de prudence). « C'était pour moi une question de vie ou de mort » (Saint-Exupéry). « Ces questions de stratégie sont des questions de gros bon sens » (A. Gide). Ellipt et fam. Question de tact : c'est une question de tact. ⇒ affaire. Question de bon sens. Pop. « Question de me soigner » (Céline). histoire. Il est question de... : on parle de..., il s'agit de. Ouvrages où il est question de... « Ensuite il fut question de la valeur des terrains » (Flaubert). Il est bien question de cela ! c'est de tout autre chose qu'il s'agit. (Suivi de l'inf.) « Il n'est pas question ici de s'amuser » (Chamfort). (Introduisant une éventualité qu'on envisage). Il est question de le nommer directeur. Il est question de X comme premier ministre, on en parle. Il n'est pas question, il est hors de question que l'État prenne à sa charge cette dépense : on ne peut envisager que... Il n'en est pas question, c'est hors de question. Fam. Pas question, plus question, hors de question de... Ellipt Pas question ! Hors de question ! non, sûrement pas ! — Littér. ou didact. FAIRE QUESTION : poser un problème, être incertain (cf. Faire problème). « Les socialistes voteront les crédits, ça ne fait pas question » (Martin du Gard). — EN QUESTION. La personne, la chose en question, dont il s'agit, qu'on considère. Voici l'appartement en question. Mettre, remettre qqch. en question, le soumettre à un nouvel examen, le mettre en cause. « Toutes les valeurs humaines semblent remises en question » (Duhamel).
3Vx ou hist. Torture infligée aux accusés ou aux condamnés pour leur arracher des aveux. « La question ! — On serre ses membres avec des cordes pour le faire parler » (Vigny). Infliger la question.
⊗ CONTR. Réponse.

Question en ce qui concerne ceci ou cela : Question finances, je m'en tire assez bien.

question
n. f.
d1./d Interrogation adressée à qqn pour obtenir un renseignement. Poser des questions. Question indiscrète.
|| Question de confiance: V. confiance.
|| Interrogation adressée à un candidat par un examinateur. Question difficile.
|| Question fermée, ouverte: dans un questionnaire, question à laquelle la réponse est suggérée (question fermée) ou non (question ouverte).
d2./d Sujet, point, problème qui donne lieu à réflexion, à discussion. Nous avons longuement parlé de cette question.
Il est, il n'est pas question de: il est, il n'est pas envisagé, envisageable de.
|| Chose, personne en question, celle dont on parle, celle qui est en cause.
être en question: faire l'objet d'une discussion, être en cause. Mettre, remettre en question.
d3./d Question de: affaire, matière où (telle chose) est en jeu. C'est une question de temps, d'argent. Question de goût.
d4./d HIST Torture appliquée autrefois pour arracher des aveux.

I.
⇒QUESTION1, subst. fém.
I. — Demande adressée en général oralement à quelqu'un, soit sous la forme d'une phrase incomplète qui appelle un complément, une confirmation, ou une dénégation, soit sous la forme d'une interrogation, pour en apprendre quelque chose, en obtenir une réponse, en connaître l'opinion; l'énoncé de cette demande. Accabler de questions, adresser des questions, cribler de questions, détourner la question, éluder la question, formuler une question, harceler de questions, préciser sa question, presser de questions, renouveler sa question, répéter une question, répondre à une question; question absurde, compromettante, déplacée, directe, ennuyeuse, fondamentale, franche, inattendue, insidieuse, perfide, rituelle, saugrenue; belle, bonne question. D'abord, Nana avait eu peur de rencontrer d'anciennes amies qui lui auraient fait des questions bêtes (ZOLA, Nana, 1880, p. 1301). Et de quoi vivez-vous? demanda M. Seurel, qui suivait tout cela avec sa curiosité un peu puérile de maître d'école et qui posait une foule de questions (ALAIN-FOURNIER, Meaulnes, 1913, p. 149):
1. Quand le feuilleton quotidien « Irène » fut suspendu (écoute féminine de l'après-midi), 350 000 auditrices demandèrent qu'il fût repris. Et quand il fut ressuscité sous le nom de « Tarville », et qu'on eût posé cette question sur l'antenne: « Voulez-vous qu'il soit édité? » 55 000 demandes favorables ont été adressées au producteur de l'émission.
WEINAND, Public. radioph., 1964, p. 23.
Rem. Au XIXe s. la loc. usuelle était faire une question, des questions; auj., la loc. cour. est poser une question.
A. — Spécialement
1. DR. CIVIL. Mode d'instruction par voie de questions. Synon. interrogatoire. Prévenu de l'attaque, et pour y faire face, M. Prouteaux, chef de cabinet du gouverneur, avait courageusement pris place aux côtés du ministère public; ce que certains ne manquèrent pas de trouver « déplacé ». À noter l'effarante insuffisance des deux interprètes; parfaitement incapables de comprendre les questions posées par le juge (GIDE, Voy. Congo, 1927, p. 693).
P. plaisant. La princesse m'a dit ce soir (sans question préalable de ma part) qu'elle avait écrit à M. Serres qui ne lui a pas répondu (FLAUB., Corresp., 1865, p. 36).
2. DR. CONSTIT. Questions écrites, orales, inscrites à l'ordre du jour, d'actualité; questions orales au gouvernement. Demandes d'explications adressées par un député à un ministre, soit par écrit, soit au cours d'une séance du parlement. Les questions écrites constituent un bel exemple d'institution détournée de son objet primitif. En fait, elles sont le plus souvent le moyen pour le parlementaire, à la demande d'un électeur, d'obtenir un renseignement de l'administration sur un cas personnel et précis (VEDEL, Dr. constit., 1949, p. 455):
2. Les questions orales. La question orale est un procédé de contrôle assez délaissé dans la pratique parlementaire française, alors qu'elle tient une large place dans la vie politique britannique. L'assemblée réserve chaque mois une séance pour les questions orales.
VEDEL, Dr. constit., 1949, p. 455.
Question de confiance. ,,Demande du gouvernement à l'assemblée d'apprécier sa politique, mettant en jeu la responsabilité du gouvernement s'il est mis en minorité`` (BARR. 1974):
3. La pratique parlementaire a essayé d'assouplir le plus possible le jeu de l'article 49 notamment en admettant que le président du conseil pouvait recevoir du conseil des ministres une autorisation de principe lui permettant dans un débat donné de poser la question de confiance autant de fois et dans toutes les occasions où cela lui paraîtrait nécessaire.
VEDEL, Dr. constit., 1949, p. 465.
3. PÉDAG., ENSEIGN. Interrogation sur un programme d'enseignement; question posée par écrit; liste de questions; manuel par questions et réponses; questions d'examen; questions d'un questionnaire. — Une composition de chimie, consistant en une question de cours avec application numérique (coefficient 2); — une composition de sciences naturelles, consistant en une question de cours (coefficient 2). Durée des épreuves: 3 heures (Encyclop. éduc., 1960, p. 212).
4. PSYCHOL. SOC. Partie, élément d'un questionnaire d'enquête:
4. ... le ministère de l'agriculture adressait aux vétérinaires français un questionnaire très précis, relatif à la contagion de la fièvre aphteuse à l'homme. À la première question: « La fièvre aphteuse est-elle susceptible de se transmettre à l'espèce humaine connaissez-vous des exemples de transmission accidentelle? » Presque tous répondirent par la négative. L'enquête faite en Suisse, en 1876, par le professeur Pütz, a donné des résultats à peu près semblables.
NOCARD, LECLAINCHE, Mal. microb. animaux, 1896, p. 345.
Question ouverte. Dans une enquête ,,question pour lesquelles les catégories de réponses ne sont pas imposées à l'interviewé`` (Public. 1976).
Question fermée. ,,Question dont la réponse est à choisir dans une série de réponses préétablies`` (Public. 1976).
Question piège. ,,Question dont le but est de vérifier et d'apprécier la validité des autres réponses`` (Public. 1976).
Question à choix multiple. ,,Question dont la réponse est à choisir dans une série de propositions pré-établies`` (Public. 1976).
Technique des questions. ,,Technique utilisée par l'animateur dans la conduite des réunions pour obtenir la participation du groupe`` (TEZ. 1968).
B. — P. ext. Interrogation plus ou moins explicite que l'on se pose à soi-même. S'adresser une question, se poser des questions, se torturer de questions. Je me pose cette question avec tristesse, quand sœur Séraphique — la représentation étant terminée — abandonne son poste auprès de la fenêtre et se rapproche de mon lit (COPPÉE, Bonne souffr., 1898, p. 36). Plusieurs voies d'approche s'offrent à celui qui s'est posé la question des rapports qui existent entre nous-mêmes et nos rêves (BÉGUIN, Âme romant., 1939, p. XIV):
5. Je reviens à la connaissance de Dieu: il y avait deux partis à prendre (...) montrer Dieu comme aboutissement de la théorie extraordinairement précise de Claudel (...). Montrer délibérément Dieu comme la seule promesse de l'éternelle question de notre cœur, le seul baume à notre blessure, le seul apaisement plus nécessaire que la vérité — et aussi vrai qu'elle.
ALAIN-FOURNIER, Corresp. [avec Rivière], 1907, p. 55.
II. — Sujet sur lequel on a des connaissances qui prêtent à confusion, pouvant donner lieu à discussion; centre d'intérêt considéré comme matière à réflexion. Question approfondie, capitale, complexe, controversée, débattue, délicate, discutée, élémentaire, facile, générale, importante, insoluble, juive, particulière; vaste question; question à l'étude; aborder une question; étudier, traiter une question; entrer dans le vif de la question; mettre une question sur le tapis; s'occuper d'une question; régler, résoudre, sortir de la question; soulever une question; voilà l'état de la question. À quelle idée cette génération va-t-elle se dévouer? Elle sait qu'elle doit s'emparer des hautes questions, qu'elle doit résoudre les questions sociales et religieuses. Et comment le faire? (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1914, p. 114). Il n'en demeure pas moins vrai qu'à la fin du XIXe siècle deux difficultés chroniques continuent de menacer le capitalisme: la question sociale qui subsiste malgré l'amélioration certaine du sort des ouvriers, et surtout les crises de surproduction (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1968, p. 31):
6. Les faits intervenus depuis quelque temps dans les rapports de valeur entre les métaux précieux, et les discussions de l'opinion publique ont rapidement mûri parmi nous, chez plusieurs esprits, la question monétaire longtemps si mal comprise, bien que, dès 1815, la Grande-Bretagne ait posé en cette matière des principes, qui ont groupé sous leur application, des populations d'un nombre toujours croissant depuis lors.
SHAW, Hist. monnaie, 1896, p. 156.
Locutions
Là est la question. Comment la volonté profonde de chacun produit-elle cette extension restreinte, de manière à ratifier à la fois l'ampleur et l'étroitesse de la vie nationale? Là est vraiment la question (BLONDEL, Action, 1893, p. 262).
C'est toute la question. Et Rosny, dis-je, parle depuis un quart d'heure. Il n'a pas prononcé une fois le mot « morale »: c'est toute la question. C'était notre point de départ (RENARD, Journal, 1908, p. 1157).
Ce n'est pas la question. On peut construire la morale pratique, sans évoquer le libre arbitre; elle est à pratiquer: cela est nécessaire; voilà tout. Qu'elle soit pratiquée ou non, qu'elle soit telle ou telle, que même elle soit praticable en effet, ce n'est point la question (BLONDEL, Action, 1893, p. 302).
C'est une autre question. Cependant, objectait Jacques, les colonies de ces voisins sont productives, les nôtres onéreuses. — Ça, c'est une autre question. Gagner de l'argent n'est pas notre affaire, mais la vôtre, à vous les civils (VOGÜÉ, Morts, 1899, p. 261).
Il n'en est pas/plus question. Mon cher, il n'en est plus question, répondis-je, ajoutant aussitôt, d'un ton qui coupait court à toute nouvelle question: — et cela vaut beaucoup mieux ainsi (GIDE, Porte étr., 1909, p. 527).
DR. Question préjudicielle. ,,Problème juridique particulier qui peut être d'ordre administratif, civil ou pénal, qui doit être résolu par la juridiction normalement compétente avant que la juridiction saisie d'un litige dont la solution dépend de celle qui sera donnée à ce problème particulier, puisse statuer au fond`` (BARR. 1974).
A. — 1. Question de. Question concernant, ayant trait à. Question d'argent, de droit, d'éducation, de fond, de forme, de goût, de santé, de service (ce qui concerne la compétence d'un service). Non! il n'y a pas trop d'horreurs (pour mon goût personnel il n'y en a même pas assez! mais ceci est une question de tempérament) (FLAUB., Corresp., 1861, p. 439). L'autre [inconvénient], plus général, et qui pose, malgré tout, une question de méthode (L. FEBVRE, De Linné, [1927] ds Combats, 1953, p. 324):
7. La question des écoles normales propres à les former; la question de l'enseignement exclusivement laïque ou mixte, au choix des parents; la question, comme conséquence, de la séparation de l'Église et de l'État; la question du travail des enfants dans les fabriques ou aux champs; et, comme conséquence, l'obligation d'indemniser les parents vieux ou infirmes, ou trop pauvres, ou trop chargés de famille, qui vivent du travail de ces enfants. J'en passe. Surgit la question de l'impôt; aussitôt cent autres questions vitales se présentent. Il en est ainsi de tout ce que nous voulons toucher.
VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 411.
Question de fait. C'est une simple question de fait, qui s'éclaircit facilement par les registres du greffe (CHAMFORT, Max. et pens., 1794, p. 27). Je n'oublie pas que le marxisme (...), met ses fidèles en possession d'une théorie (...) qui les pourvoit, antérieurement à toute enquête proprement historique portant sur les questions de fait, de la vérité sur le sens de l'histoire (MARROU, Connaiss. hist., 1954, p. 218).
Question de principe(s). Ce jour se lève à certaines époques dans l'histoire des nations — où on mettra les questions de principes avant les questions de personnes (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 154). Laisse-moi au moins te parler en homme de loi et agiter une question de principe (CHÂTEAUBRIANT, Lourdines, 1911, p. 95).
Rem. Question peut souvent, dans la lang. cour., être remplacé par le mot problème empl. abusivement. V. infra ex. de Camus.
HIST. Ensemble des problèmes soulevés par une situation historique dans une région du monde. Question d'Orient. Le pays (...) a pu croire que la question du Maroc sommeillait (JAURÈS, Eur. incert., 1914, p. 163).
2. a) Il est question de; il n'est pas question de. Il s'agit de; on a parlé de; il ne s'agit pas de. Il a été fort question de politique et du mécanisme du gouvernement anglais etc... Mme de Staël a été très piquante avec le vicomte de Montmorency (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p. 232). Les uns diront: tout est langage, il n'est pas question d'une relation directe de l'objet au sujet (SCHAEFFER, Rech. mus. concr., 1952, p. 169):
8. Il n'est pas question ici de développer des méthodes: disons seulement qu'il n'existe pas qu'une seule méthode pour apprendre à aimer un art et s'y éduquer, et que la technique de formation artistique ne doit surtout pas cacher et précéder la sensibilisation...
B. SCHWARTZ, Réflex. prospectives, 1969, p. 17.
P. ell., fam. Pas question! [Ce fil téléphonique?] Tu crois quand même pas qu'ils auraient [ces fripouilles] le toup' d'appeler Police-Secours? (...) — Pas question, mais (...) quelques malfrats à la rescousse (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 154).
Il est hors de question de. V. hors II B 2 d ex. de Beauvoir.
b) Il est question de. On envisage de. Il est toujours question d'ouvrir cette rue du Dix-Décembre, qui doit aller du nouvel Opéra à la Bourse (ZOLA, Pot-Bouille, 1882, p. 172).
c) C'est une question de + subst. C'est un problème qui concerne tel ou tel point, tel ou tel aspect. Question de jours, de bon sens. Vous posez mal le problème. Ce n'est pas une question de vocabulaire, c'est une question de temps (CAMUS, Peste, 1947, p. 1256):
9. Quand on examine attentivement la question de l'irritabilité et de la sensibilité, l'on s'aperçoit bientôt que ce n'est guère qu'une question de mots, comme beaucoup d'autres qui divisent le monde depuis des siècles.
CABANIS, Rapp. phys. et mor., t. 1, 1808, p. 76.
En partic. C'est une question de temps, de jours, de mois. Il n'y a plus que quelques mois, jours à attendre. Le mieux serait de planquer Juliette pendant quelque temps, dit la voix du docteur, après tout, maintenant ce n'est peut-être plus qu'une question de mois (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 92). V. aussi supra ex. de Camus.
d) P. ell. et pop. Affaire de. Il me venait, question de gonzes et de mistonnes, une lucidité de gamberge stupéfiante. Non seulement à propos des présents, mais encore de tous ceux que j'avais connus (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 229).
e) Fam. Question + nom en appos. avec omission de l'art. déf. Question église, mariage, santé. Beaucoup de libérés vivent par deux — non pas (...) question relations sexuelles — non! mais pour s'entraider (DUSSORT, Journal, 1930, dép. par G. Esnault, 1953, p. 6).
f) Il n'y a pas de question. Sans aucun doute certainement!
Rem. ,,Dans la langue contemporaine la locution il n'y a pas de question s'est répandue pour signifier « il n'y a pas d'hésitation, la chose va de soi ». Elle appartient surtout au langage parlé. On observe la tendance à la généralisation d'une locution formée par analogie à partir du mot problème: il n'y a pas de problème`` (DUPRÉ 1972).
B. — En question
1. [À propos d'une pers.] Se dit de quelqu'un dont on parle ou/et qui est mis en cause. Oui, mais on prétend qu'à Saint-Andréol, le particulier en question a battu plus de dix fois ces deux cardeurs, sans compter Xandri cœur d'hérétique et Spirillo le charmeur d'abeilles (CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 218):
10. Des soldats anglais cantonnés le long de la voie du chemin de fer ont pris l'habitude de faire chaque matin leurs ablutions en plein air, ce qui constitue un spectacle choquant pour la demoiselle en question, appelée par son service à leur faire face.
MAUROIS, Sil. Bramble, 1918, p. 178.
2. [À propos d'une chose] Qui pose un problème, qui est sujet à discussion. Voilà justement ce qui est en question, dit Trarieux. Je finance le journal du S. R. L. et j'entends lui assurer le maximum de chances (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 236):
11. Ceux-là mêmes pour qui elle est l'instance suprême et qui se prévalent de leur patriotisme peuvent, surtout lorsque l'existence même de la nation n'est pas en question, être en même temps, et d'abord, les hommes d'un groupe, d'une classe ou d'une province...
Traité sociol., 1968, p. 393.
Mettre, remettre en question. Contester l'existence de quelque chose en faisant naître des incertitudes à son sujet. Synon. mettre en cause. On remet tout en question; c'est intolérable (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 336):
12. Envisagée sous l'aspect dogmatique, cette connexité fondamentale représente la science proprement dite comme un simple prolongement méthodique de la sagesse universelle. Aussi, bien loin de jamais remettre en question ce que celui-ci a vraiment décidé, les saines spéculations philosophiques doivent toujours emprunter à la raison commune leurs notions initiales, pour leur faire acquérir, par une élaboration systématique, un degré de généralité et de consistance qu'elles ne pouvaient obtenir spontanément.
COMTE, Esprit posit., 1844, p. 71.
C. — Littér. Faire question. Être sujet à discussion, être douteux.
[À la forme nég.] Cela ne fait pas question. C'est certain. Quant au congé, comme il m'est absolument nécessaire, il faut que je l'obtienne ou que je donne ma démission; de sorte que cela ne fait pas une question et le plus petit embarras pour moi (CHATEAUBR., Corresp., t. 2, 1821, p. 206).
Rem. Les dict. indiquent faire question. BESCH. 1845-46: ,,Ceci fait question, ne fait pas question. Ceci est douteux, ceci est hors de doute``.
REM. Question(-),(Question , Question-) élém. de compos. Le 2e élém. désigne le but ou le contenu de la question. a) Question piège, subst. fém. V. supra I. b) Question-concours, subst. fém. Le lendemain du premier passage à l'antenne (...), plus de 7.000 lettres d'auditeurs répondent à la question-concours (L'Express, 31 mars 1969 ds GILB. 1980). c) Questions-réponses, subst. fém. plur. Le soir, dans un auditorium en bois ciré comme une église, le jeu des questions-réponses reprend (L'Express, 17 mai 1976, p. 83, col. 2).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1119 « point sur lequel on a des connaissances imparfaites, qui est à examiner ou à discuter » (PHILIPPE DE THAON, Comput, éd. I. Short, 1157: questiun); 1174 il aveit bien solu ses questiuns (GUERNES DE PONT-SAINTE-MAXENCE, St Thomas, éd. E. Walberg, 2371); 2. ca 1160 « demande qu'on adresse à quelqu'un en vue d'apprendre quelque chose de lui » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave2, 8499). Empr. au lat. quaestio « recherche », qui a pris dans la lang. jur. le sens de « enquête, interrogatoire » et spéc. celui de « enquête avec torture » (v. question2), de quaesitum, supin de quaerere, v. quérir.
II.
⇒QUESTION2, subst. fém.
HIST. [Dans l'anc. procédure criminelle] Tourments gradués infligés à un accusé fortement soupçonné pour lui arracher des aveux ou le nom de ses complices. Question définitive, préparatoire; être, mettre à la question; donner, subir la question. Gérard Laguette, receveur général des revenus de la couronne, mourut dans les tortures de la question (CHATEAUBR., Ét. ou Disc. hist., t. 3, 1831, p. 358). Cette pratique atroce de donner la question n'est abolie en France que depuis la Révolution (STENDHAL, Napoléon, t. 1, 1842, p. 81).
Question préalable. Tortures infligées à un condamné à mort, avant son exécution, pour qu'il livre ses complices. Le légat impérial étant arrivé, le procès [des chrétiens, à Lyon] commença. La question préalable fut appliquée avec une extrême cruauté (RENAN, Marc-Aurèle, 1881, p. 306).
Question ordinaire. V. ordinaire I A 1 b. Question extraordinaire. [Le grand-prévôt] revint se placer auprès de Christophe, auquel il dit fort doucement: — Mon ami, le Chancelier ayant appris que vous refusiez de répondre d'une manière satisfaisante à mes demandes, a résolu que vous seriez appliqué à la question ordinaire et extraordinaire (BALZAC, Martyr calv., 1841, p. 157). V. extraordinaire I A 2 ex. de Villiers de L'Isle-Adam.
Chaise de question. Chaise sur laquelle on subissait cette torture. On s'empare de Coconnas, on l'étend sur la chaise de question, on le garrotte (DUMAS père, Reine Margot, 1847, IV, 9, p. 159).
Chambre de question. Pièce dans laquelle on était soumis à la question. M. Lebel me dit: — Voici [à la Conciergerie] un endroit curieux. Et il me fit entrer dans une salle ronde, voûtée (...). J'avais reconnu la fameuse chambre de la question (HUGO, Choses vues, 1885, p. 102).
Au fig. Connaître, c'est là notre faim. (...) Que la matière avoue enfin, Mise à la question par l'âme (HUGO, Chans. rues et bois, 1865, p. 298). Les sots sont de misérables infirmes, des bègues qui essaient de parler. À quoi bon les mettre à la torture, leur donner la question? (GREEN, Journal, 1953, p. 230):
Puisque toute action aujourd'hui débouche sur le meurtre, direct ou indirect, nous ne pouvons pas agir avant de savoir si, et pourquoi, nous devons donner la mort (...). Au temps de la négation, il pouvait être utile de n'interroger que le problème du suicide. Au temps des idéologies, il faut se mettre en règle avec le meurtre (...). Il nous revient, en tout cas, de répondre clairement à la question qui nous est posée, dans le sang et les clameurs du siècle. Car nous sommes à la question.
CAMUS, Homme rév., 1951, p. 15.
Prononc. et Orth. V. question1. Étymol. et Hist. 1321 hist. (Extraits du Secundus Liber Jornalis Camere ds Notices et extraits des mss de la B. N., t. 40, 1916, p. 254). V. question1. Déjà att., en a. gasc., à partir de 1309 (Coutumes de Pujols, § 47 ds Arch. hist. du département de la Gironde, t. 17, 1877, p. 70).
STAT.Question1 et 2. Fréq. abs. littér.:18 829. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 21 667, b) 23 966; XXe s.: a) 24 518, b) 34 004.
BBG. — DUB. Pol. 1962, p. 394. — NOAILLY-LE BIHAN (M.). Côté, question et qq. autres. Ling. Investig. 1982, t. 6, n ° 2, pp. 333-341. — QUEM. DDL t. 11. — SPITZER (L.). Fr. pop. question de, comme « en fait de ». Fr. mod. 1940, t. 8, pp. 19-26.

question [kɛstjɔ̃] n. f.
ÉTYM. 1140; lat. quæstio « recherche », d'où « enquête; litige », de quærere « chercher ». → Quérir.
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I
1 Action de s'adresser à qqn pour en apprendre qqch., en énonçant une phrase logiquement incomplète ( Interrogation) qui appelle soit un complément, soit une confirmation ou une dénégation (la réponse); l'énoncé lui-même. Demande; interrogation. || Question exprimée par les interrogatifs que, qui, quel, quand, combien, comment, où, pourquoi, etc. || La question de savoir si…, la question si… || Faire une question, des questions (→ Contester, cit. 6; curieux, cit. 7; discrétion, cit. 7; fatalité, cit. 14). Demander, interroger, questionner. || Adresser des questions à qqn. || Poser (cit. 17, et supra) une question à qqn (→ Gauche, cit. 16; présentation, cit. 2). || Poser brusquement une question embarrassante (→ Pousser une botte).Accabler (→ Lâcher, cit. 24), cribler, harceler (cit. 8), presser qqn de questions (→ Hésitation, cit. 11). aussi Pousser (I., 2.). || Torturer (→ Inextinguible, cit. 6), tourmenter qqn de questions (→ Insistant, cit. 1).Répondre à une question (→ Exempter, cit. 1), y répondre évasivement (cit.), franchement. || Détourner (cit. 4), éluder une question; se dérober (cit. 17) à une question.Poser, énoncer, formuler (cit. 5 et 6), préciser une question. || Question mal posée (cit. 15). || Insister sur la question qu'on pose (→ Ça, cit. 3). || Répéter une question.Question directe, franche (→ Fêlure, cit. 5). || Questions empressées (→ Imputer, cit. 21). || Question captieuse, compromettante, ennuyeuse (cit. 3), gênante, insidieuse, spécieuse… || Question piège. || Questions énigmatiques (cit. 1). || Les questions du Sphinx à Œdipe. || Question absurde, déplacée, saugrenue.Iron. || Quelle question ! || Belle question !Les questions incessantes d'un enfant. || Questions d'élève et questions de maître (→ Interroger, cit. 7).
1 Je consens qu'une femme ait des clartés de tout (…)
Et j'aime que souvent, aux questions qu'on fait,
Elle sache ignorer les choses qu'elle sait (…)
Molière, les Femmes savantes, I, 3.
2 Aux questions d'usage, s'il se portait bien, s'il était reposé et content, je l'entendis répondre de son air tranquille : « Cela va bien, merci ».
Alain, Propos, 9 sept. 1921, Orgueil et vanité.
3 Il l'interrogea sur elle, la forçant à des précisions, l'aidant à s'analyser. Elle y consentait sans trop d'effort. Elle ne se cabrait pas devant ses questions; peu à peu, elle lui savait même un certain gré de les avoir posées (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. VI, p. 221.
4 — Vial, je n'aime pas beaucoup ta manière de répondre toujours à une question par une question.
Colette, la Naissance du jour, p. 100.
4.1 Vous êtes fatigué, dit-elle. Ce n'est pas une question. La voix est redevenue neutre, basse, privée d'intonation, méfiante peut-être !
A. Robbe-Grillet, Dans le labyrinthe, p. 62.
Spécialt. || Les questions d'un examinateur (cit. 1) : ce qu'il demande au candidat qu'il interroge. Colle (5.), interrogation.La question rituelle du maire aux futurs époux (→ aussi Mariage, cit. 5).
Question posée par écrit. || Liste de questions. Questionnaire.Question fermée : dans une enquête, Question assortie des réponses entre lesquelles le sujet doit choisir. || Question ouverte, qui ne prévoit pas à l'avance de réponses toutes faites. || Les questions du catéchisme, d'un aide-mémoire… || Questions destinées à établir le niveau (cit. 8) mental d'un enfant. || Manuel par questions et réponses.
Dr. || Mode d'instruction par voie de questions. Interrogatoire. || Question au jury.Dr. constit. || Questions écrites, orales (avec ou sans débat) : demandes d'explications adressées par un parlementaire à un ministre (par écrit ou en séance). — ☑ Loc. Question de confiance : en régime parlementaire (IIIe et IVe Républiques), Procédure par laquelle le gouvernement soulignait l'importance politique d'un vote en mettant en jeu le sort du cabinet. || Question de confiance et motion de censure.Question préalable, par laquelle une assemblée est appelée à décider si une discussion doit ou ne doit pas avoir lieu.
Par ext. (Question plus ou moins explicite que l'on pose à soi-même). || S'adresser (→ Effarer, cit. 4), se faire (→ Ménager, cit. 12), se poser (cit. 20) une question, des questions. Demander (se), interroger (s'). → Parce que, cit. 7.
5 Tant qu'on ne s'est pas adressé sur un auteur un certain nombre de questions et qu'on n'y a pas répondu (…) on n'est pas sûr de le tenir tout entier (…) Que pensait-il en religion ? — Comment était-il affecté du spectacle de la nature ? (…) Était-il riche, était-il pauvre ? (…) Enfin, quel était son vice ou son faible ?
Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, 22 juil. 1862.
(Question qui formule un problème général, susceptible d'être posé par beaucoup; → ci-dessous, 2.). || La question finale (cit. 1), suprême… (→ aussi Homme, cit. 18, Descartes; ignorance, cit. 12, Voltaire; nécessité, cit. 8). || Les questions terribles qui troublent l'esprit humain (→ Âprement, cit. 2). || Question capitale (→ Cap, cit. 4). || C'est une grande question de savoir si… (→ Affaiblir, cit. 7). — ☑ Allus. littér. || Être ou ne pas être, telle est la question (Shakespeare, Hamlet, III, 1).
6 C'est une grande question s'il s'en trouve de tels (esprits).
La Bruyère, les Caractères, XVI, 15.
7 Le philosophe n'en sait réellement pas plus que sa cuisinière; si ce n'est en cuisine, où elle s'entend réellement (en général) mieux que lui. Mais la cuisinière (en général) ne se pose point de questions universelles. Ce sont donc les questions qui font le philosophe.
Valéry, Autres rhumbs, p. 193.
8 C'est une question si les esprits misanthropes ne sont pas les plus sensibles à la séduction des femmes (…)
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », III.
2 (Fin XIIe). Connaissance incomplète ou incertaine qui peut donner lieu à discussion, à examen; proposition, sujet, domaine qui implique des questions (au sens 1.), des difficultés à résoudre (dans le domaine des idées, de la théorie, ou dans celui de l'action, de la pratique). Matière (III.); 1. point (V., 2.); problème, 3. sujet. || Question agitée, controversée, débattue… (→ Ancêtre, cit. 9; atome, cit. 7; état, cit. 115; inoculation, cit. 2; nationaliste, cit. 3). || Questions en litige (cit. 2). || Questions complexes, délicates, difficiles, obscures (→ Pont aux ânes). || Question insoluble. || Question brûlante. || Grave (1. Grave, cit. 21), importante question (→ Nuage, cit. 5). || Question capitale, vitale (→ 1. Fort, cit. 30). || Question générale; vaste question. || Question particulière. Article (II.); chapitre; 1. point.Les côtés (cit. 20), les points (1. Point, cit. 87) de la question. || Le cœur, le nœud, le vif d'une question. || L'état (cit. 49) de la question (→ Négociateur, cit.).Aborder (→ Joint, cit. 2), soulever une question. || Entrer dans le vif d'une question. 3. Sujet. || L'angle sous lequel on envisage une question. || Agiter, étudier, traiter une question (→ 1. Détacher, cit. 10). || S'occuper d'une question (→ Enterrement, cit. 8). || Approfondir, examiner une question; examen (cit. 3) d'une question. || Débattre, discuter une question. Controverse, discussion, examen; délibération.Mettre une question sur le tapis. || Diviser, scinder une question, sérier les questions.Résoudre (→ Géomètre, cit. 2), trancher, vider la question (→ Gueule, cit. 13; poème, cit. 3). || Éclaircir, élucider une question obscure.Passer à côté de la question. || S'écarter, sortir de la question.
Questions de langage, de grammaire. || Questions scientifiques (→ Écriture, cit. 16). || La question de l'espace (cit. 4). || Développement sur une question d'érudition. Dissertation. || Énoncé d'une question de mathématiques. Problème. || Questions d'examen.Les questions sociales (→ Guillotine, cit. 2; impuissance, cit. 7), économiques, politiques. || La question juive (cit. 4).Hist., diplom. Ensemble des problèmes soulevés par une situation historique, dans une région du monde. || La question d'Orient, posée par l'affaiblissement de l'Empire turc aux XVIIIe et XIXe siècles.Questions pratiques de la vie courante. || La question du célibat (cit. 6) et du mariage. || La question financière (cit. 4) se posa entre eux. || Les questions d'argent (→ Déprimer, cit. 2; gâter, cit. 24), d'intérêt (cit. 13)… Affaire, difficulté, problème.
9 Croyez qu'il n'y a pas de remède social parce qu'il n'y a pas de question sociale (…)
Gambetta, Disc. du Havre, 18 avr. 1872 (→ Panacée cit. 3).
10 À vrai dire, la question religieuse importe peu à Balzac, ne l'a jamais préoccupé. Il est remarquable que dans aucune scène de la Comédie Humaine elle n'ait jamais vraiment été posée.
Gide, Nouveaux prétextes, p. 161.
Question de fait (cit. 30). || Question de principe. || Question de droit, de fond, de forme…
11 La seule question obscure était celle de la royauté. Question, non de pure forme, comme on l'a tant répété, mais de fond, question intime, plus vivace qu'aucune autre en France, question non de politique seulement, mais d'amour, de religion.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., Introd., II, VII.
Dr. || Question d'ordre civil, commercial, pénal… || Questions d'état, relatives à l'état civil d'une personne. || Question préjudicielle.Procéd. || Question préalable, qui doit être jugée avant l'examen du fond (ex. : exceptions d'incompétence, de nullité de procédure).Dr. constit. || Questions soumises à une assemblée (→ Ordre, cit. 14). || Poser la question (au sens 1.) préalable avant l'examen d'une question.
Loc. Là est la question (→ Foyer, cit. 21), c'est toute la question : c'est là le point litigieux, la difficulté.Ce n'est pas la question, se dit pour écarter une objection sans poids, etc.C'est une autre question (→ Donnée, cit. 2).
12 Les preuves que Jésus-Christ et les apôtres tirent de l'Écriture ne sont pas démonstratives; car ils disent seulement que Moïse a dit qu'un prophète viendrait; mais ils ne prouvent pas par là que ce soit celui-là, et c'était toute la question.
Pascal, Pensées, XIII, 843.
C'est une question de…, une affaire, un problème qui concerne tel ou tel point (c'est une simple question de forme); ou encore, une question qui peut être résolue par… (c'est une question de prudence, de tact, de bon sens). → Gros, cit. 28.
13 C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours.
Saint-Exupéry, le Petit Prince, II.
Ellipt. et fam. || Question de… (en tête de phrase) : affaire de… (→ Fripouille, cit. 2).Pop. || Question de… (exprimant la finalité). Histoire (cit. 60 : histoire de).
14 Question de me soigner le délire, je lui demandai à cet Espagnol s'il ne connaissait pas des fois quelque bonne médecine indigène qui m'aurait retapé.
Céline, Voyage au bout de la nuit, p. 165.
14.1 (…) je me suis seulement contenté de répéter que ça devait être tout de même bien compliqué de faire du patin à roulettes sur le pied gauche. Elle m'a crié :
— Question d'habitude.
J.-M. G. Le Clézio, la Fièvre, p. 95.
Fam. || La question (suivi d'un nom en apposition) : la question de, du, de la…
15 Marie Stuart, moins occupée de la question église et plus occupée de la question femme, était peu respectueuse pour sa sœur Élisabeth (…)
Hugo, l'Homme qui rit, II, I, III, II.
Fam. Il n'y a pas de question (y a pas de question) : c'est une chose sûre, certaine (→ Il n'y a pas de problème).(En réponse). Certainement, évidemment. || Pensez-vous qu'il puisse s'en sortir ? Il n'y a pas de question : oui, il s'en sortira.
Il est question, il n'est pas question de… : il s'agit, il ne s'agit pas de… || Articles, ouvrages où il est question de…, qui traitent, s'occupent de…, dont le sujet est… 1. Parler (II.). || Il est question dans mon esprit… (→ Je veux parler de…)Il est bien question de cela ! (→ Hymne, cit. 6) : c'est de tout autre chose qu'il s'agit. || Il n'est question que de plaisirs (→ Badinage, cit. 4).Il n'est pas, il n'est plus question de cela (→ Individualisme, cit. 5).(Suivi de l'infinitif). → Divertir, cit. 11; merveilleux, cit. 1. ☑ Qu'il n'en soit plus question : n'en parlons plus. || Il ne sera pas question de… (→ Faire, cit. 71).
16 Ensuite, il fut question de la valeur des terrains dans la banlieue, une spéculation d'Arnoux, infaillible.
Flaubert, l'Éducation sentimentale, I, V.
17 De groupe en groupe il n'était question que du « coup dur ».
Montherlant, le Songe, I, VII.
Il est question de… : c'est une éventualité que l'on envisage. || Il est question de le nommer directeur. || Il est question de X… comme premier ministre. || Il n'est pas question que la société pousse à la culture du génie (cit. 46), la chose ne doit pas être envisagée. — ☑ Il n'en est pas question.Fam. || Pas question, plus (cit. 36) question de… (→ Poil, cit. 25).Ellipt. || Pas question !
18 — Que voulez-vous qu'on fasse ? nous ne savons pas nos rôles (…) — Eh bien, nous voilà. Que prétendez-vous faire ? — Quelle est votre pensée ? — De quoi est-il question ?
Molière, l'Impromptu de Versailles, 1.
19 Tout ce qui assurait le style hérité disparaît d'un coup : les colonnes, la femme au bâton sur l'épaule, sont transformées, les figures au fond de la perspective sont supprimées, la femme aux colombes aussi. Plus question des portraits du premier plan.
Malraux, les Voix du silence, p. 421.
(1845). Littér. ou didact. Faire question : « être douteux, discutable » (Académie), ou encore, devoir être envisagé, être probable.(Au négatif). || Cela ne fait pas question.
20 Dans tous les pays alliés, les socialistes voteront les crédits, ça ne fait pas question !
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 101.
Loc. Être hors de question : ne pas être envisagé (même sens que : il n'en est pas question). || C'est absolument hors de question, nous refusons.
(1541, mettre en question; la chose en question, 1694). En question : qui fait ou peut faire l'objet d'une discussion, qui pose un problème. || La chose en question, dont il est question, dont il s'agit. || Mettre un point de doctrine en question, le soumettre à la discussion. Controverser, discuter. || Chose qui peut ( Discutable), ne peut pas ( Indiscutable) être mise en question.
21 Le livre le meilleur qui ait été écrit sur le tempérament d'une nation asiatique, c'est assurément le roman de Morier, intitulé : Hadjybaba. Il est bien entendu que les Mille et une Nuits ne sont pas en question : elles demeurent incomparables (…)
A. de Gobineau, Nouvelles asiatiques, p. 13.
Mettre, remettre qqch. en question. a Mettre en cause (→ Clarté, cit. 15; perpétuel, cit. 1). || À cette heure où toutes les valeurs humaines semblent remises en question (→ Hiérarchie, cit. 9). || Littérature où l'homme tout entier est en question (→ Extrême, cit. 9), est mis en cause.
b Mettre en danger, en péril. Compromettre, ébranler.
22 Le prince de Polignac craignait ma démission. Il sentait qu'en me retirant je lui enlèverais aux Chambres des votes royalistes, et que je mettrais son ministère en question.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. V, p. 162.
23 Ponge a commencé, comme beaucoup d'écrivains et d'artistes de sa génération, par un doute méthodique; mais il a refusé de mettre la science en question.
Sartre, Situations I, p. 259.
———
II (Fin XIVe). Anciennt. Torture infligée pour arracher des aveux. Géhenne, gêne (cit. 2), supplice, torture (→ Peau, cit. 10). || Le tourment de la question (→ Disloquer, cit. 1). || Endurer (cit. 5), subir la question. || Appliquer la question à qqn; appliquer à qqn la question. || Donner la question à l'aide d'instruments de torture.
24 La question est une invention merveilleuse et tout à fait sûre pour perdre un innocent (…)
La Bruyère, les Caractères, XIV, 51.
25 On a dit souvent que la question était un moyen de sauver un coupable robuste, et de perdre un innocent trop faible (…)
Voltaire, Dict. philosophique, Question, torture.
26 — Eh bien ! c'est qu'on a couché le curé entre deux grandes planches qui lui serrent les jambes, et il y a des cordes autour des planches. — Ah ! c'est la question, dit un homme de la ville.
A. de Vigny, Cinq-Mars, V.
CONTR. Affirmation, négation, réponse.
DÉR. 1. Questionnaire, 2. questionnaire, questionner.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • question — [kwes′chən, kwes′tyən] n. [ME < Anglo Fr questiun < OFr question < L quaestio < pp. of quaerere, to ask, inquire] 1. an asking; inquiry 2. something that is asked; interrogative sentence, as in seeking to learn or in testing another s …   English World dictionary


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